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31 octobre 2012

AMPHO-VACCIN ANTI-INFECTIEUX


Le 15 avril 1939, le numéro 64 de la revue "Visages du monde"  consacré à La Tunisie (Revue  mensuelle édition réservée au corps médical) comportait en dernière page de couverture une publicité pour l’AMPHO-VACCIN ANTI-INFECTIEUX. Les laboratoires des AMPHO-VACCINS A.D.RONCHESE le présentaient ainsi "le vaccin général des affections thermiques avant même le diagnostic précis"
Cette publicité, 73 ans plus tard, nous fait sourire. Pourtant, elle dit beaucoup sur la médecine d’alors et celle d’aujourd’hui, sur les comportements des laboratoires hier et aujourd’hui.


Avant d’essayer de le montrer, je voudrais évoquer en quelques mots l’affaire du Distilbène et celle du Médiator.

De très nombreux médecins ont prescrit du Distilbène, de très nombreux médecins ont prescrit du Médiator. Dans un cas comme dans  l’autre, ils y ont été incités et encouragés par les laboratoires producteurs.Mais ni le Distilbène ni le Médiator n’étaient préconisés par les services hospitaliers et les médecins faisant autorité. Il s’agissait dans les deux cas de produits proposés par les laboratoires comme de petites aides pour résoudre de petits  problèmes.

Cette notion de petite aide et de petits problèmes ne se comprend bien qu’à partir de la notion de "cas intéressants". La médecine s’élabore dans les services hospitaliers et d’abord dans les plus grands. Ce qui s’y fait est l’objet de publications, de colloques, de congrès et tout le reste est considéré comme secondaire, subalterne et de peu d’intérêt.Dans ces services, on s’intéresse à ce que les médecins hospitaliers considèrent comme noble et digne d’intérêt.

La médecine des années 50 et 60 n’avait pas de moyens d’éviter les fausses couches et ne s’y intéressait pas particulièrement. Les laboratoires produisant le Distilbène avaient une solution, une fausse solution, une solution dangereuse qui continue à faire des dégâts sur plusieurs générations, mais qui venait remplir un vide.

De même, le traitement de l’obésité et du surpoids n’est pas pleinement satisfaisant. Les laboratoires Servier en ont profité.

En 1939, si les laboratoires des Ampho-vaccins Ronchèse pouvaient  préconiser leur produit dans les "affections thermiques avant même  le diagnostic  précis", c’est parce que la communauté médicale était incapable de dire fortement que ce produit était de la poudre de perlimpinpin, qu’il n’avait  aucune efficacité et qu’il devait n’avoir aucune place dans les affections  fébriles, que ce soit avant ou après le diagnostic précis de cette fièvre. Et c’est aussi parce que le Ministère de la Santé n’interdisait pas ces publicités.

Il serait très excessif de dire que rien n’a changé. Mais il n’est pas difficile de trouver, aujourd’hui encore, des traces de cette époque où les laboratoires exagéraient sans contrôle d’aucune sorte. La campagne publicitaire qui a cherché à convaincre les médecins et la population que le virus de  l’hépatite B se transmettait très facilement par la salive a parfaitement reproduit ce mécanisme.

Souhaitons que, dans 73 ans, de tels procédés soient unanimement reconnus comme inacceptables

Jean-Pierre LELLOUCHE

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