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9 novembre 2012

QU'EST-CE QUE LA ROSÉOLE ?


Qu’est ce que la roséole ? Un exemple de vocabulaire médical flou et approximatif.
La définition du mot roséole dans les dictionnaires et dans les livres médicaux est imprécise. Il est par ailleurs difficile d'en retracer l'histoire. Lorsqu'un mot reste longtemps imprécis cela témoigne du fait que les forces oeuvrant dans le sens de la précision ne l’emportent pas nettement sur celles oeuvrant dans le sens de l’imprécision.



Définitions imprécises et difficulté de retracer l’histoire du mot roséole.


1- L’une des meilleures définitions est celle de Michel Leporrier (Flammarion médical 2004) : 

Roséole. Éruption cutanée disséminée faite de multiples taches de couleur rosée. Les principales causes sont infectieuses (syphilis avant tout, plus rarement typhoïde et lèpre) ou dues à une prise médicamenteuse. La roséole syphilitique, la plus fréquente, manifestation du stade secondaire de la maladie, survient 45 jours après la contagion. Souvent discrète, visible après un examen attentif des paumes des mains et des plantes des pieds, elle est négligée ou passe inaperçue. Le diagnostic est évident à ce stade par la pratique de la sérologie spécifique de la syphilis.

Les roséoles de cause médicamenteuse (ou toxidermies) sont souvent particulières par l'intensité et la rougeur de l'éruption et l'existence de démangeaisons. Les principaux médicaments responsables sont les antibiotiques, les sulfamides, les barbituriques, l'iode, la quinine. Certains additifs alimentaires peuvent donner des éruptions semblables.

Chez le nourrisson et l'enfant, la roséole survient souvent dans un contexte infectieux avec de la fièvre et éventuellement des convulsions. Ce peut être alors le symptôme de l'exanthème subit ou sixième maladie.

Dans la moitié des cas, la roséole reste sans cause décelable et de guérison spontanée.


2- La  définition du Garnier Delamare (Maloine 2004) est elle aussi  acceptable :

Roséole [angl. roseola). Éruption de taches rosées nummulaires ou lenticulaires, non saillantes ou à peine surélevées, qui disparaissent au bout de quelques jours en laissant quelquefois après elles une légère desquamation furfuracée. La roséole est observée dans des affections diverses, telles que certaines maladies infectieuses (fièvre typhoïde, typhus, syphilis…) et quelques intoxications (iodures). Elle se manifeste également comme phénomène vasomoteur dû à l'émotion (roséole pudique).

Roséole épidémique, voir rubéole.

Roséole infantile, voir sixième maladie.

Roséolovirus [angl. Roseolovirus}. Genre de virus de la famille des Herpesviridae (voir ce terme) dont l'espèce Herpesvirus type 6 est responsable de l'exanthème subit ou roséole infantile ou sixième maladie (voir ce terme).

On remarquera cependant que le premier signale la lèpre et le second le typhus. Le premier évoque de nombreux médicaments responsables et le second uniquement les iodures. Le second est le seul à parler de roséole  pudique. 


3. Dans de nombreux livres et notamment dans l’Encyclopedia universalis, la roséole n’est évoquée que comme « premier signe de la syphilis secondaire »


4. Dans le Littré, il n’est fait mention ni de fièvre typhoïde, ni de typhus, de syphilis ou de lèpre, mais de choléra. «Terme de médecine. Sorte d'éruption cutanée ou d'efflorescence de fort peu d'importance, qui survient quelquefois, comme simple épiphénomène, dans le cours d'affections internes plus ou moins graves, entre autres dans le choléra ».

Pour compliquer les choses, le Littré nous dit que « rubéole » est synonyme  de « roséole » et en anglais « rubeola » ne veut pas dire rubéole, qui se dit  « rubella », mais rougeole !


5. L’un des livres les plus diffusés parmi les étudiants en médecine, le Pilly maladies  infectieuses, ne parle de la roséole que comme manifestation de  syphilis et signe d’exanthème subit, n’évoquant ni fièvre typhoïde, typhus, lèpre ou choléra ni les causes toxiques et médicamenteuses.


6. De nombreux dictionnaires pour enfants ne mentionnent pas le mot roséole. De façon plus surprenante, le dictionnaire historique de la langue française Robert n’en parle pas non plus.

Le Petit Robert (édition 1983) donne une définition qui ne mentionne ni la rubéole ni l’exanthème subit. Il ne donne pas non plus de précision sur les toxiques responsables et n’évoque pas les médicaments.

Roséole : Éruption de tâches rosées non saillantes ou à peine surélevées qui s’observe dans certaines maladies infectieuses (typhus, syphilis) et certaines intoxications.  


Les forces oeuvrant dans le sens de la précision ne l’emportent pas nettement sur celles oeuvrant dans le sens de l’imprécision.


Si l’on voulait lutter rationnellement contre les maladies infectieuses, il faudrait nommer chaque maladie, pour chacune d’elles préciser à quel agent microbien elle est due, comment cet agent se transmet, combien de temps il incube…On devrait aussi recenser les moyens préventifs et curatifs disponibles et en préciser l’efficacité, les limites, les dangers. On devrait alors définir une stratégie, la mettre en œuvre et évaluer les résultats.

Au lieu de cela, on a eu la campagne pour la promotion du vaccin anti-hépatite B insistant sur la contagiosité extrême par voie salivaire et on a la promotion moins délirante du vaccin anti-papillomavirus sans que soit discutée l’indication ou la non indication de la vaccination des jeunes  garçons.

Si donc on parlait sérieusement des maladies infectieuses, on découvrirait  qu’il est bon que les mots veuillent dire la même chose pour chacun, on affinerait on préciserait le sens des mots.

Quand au cours d’une mononucléose infectieuse, un traitement antibiotique entraîne une éruption, doit-on parler de roséole ? Cette question ne peut intéresser que ceux qui pensent que l’échange et la réflexion sont utiles. Et qui sont minoritaires dans un monde médical dominé par les laboratoires pharmaceutiques et les nombreuses revues médicales qu’ils sponsorisent.


Jean- Pierre LELLOUCHE

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