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26 février 2013

LES COSMÉTIQUES, C’EST PAS AUTOMATIQUE



Maintenir un bébé bien propre, en voilà un souci !  Cette nécessité rituelle de l’hygiène corporelle du nourrisson serait presque devenue un acte paramédical complexe qui nécessiterait une formation spécifique et l’utilisation de multiples produits sophistiqués.




En parcourant les magazines spécialisés dans la puériculture (Parents, Infobébés, Famili, Neuf Mois…) ou en surfant sur les sites de parents parfaits (Auféminin.com.maman, magicmaman.com, superbebe.fr, enfants.com…), il n’est pas une page où l’on nous explique comment procéder pour laver correctement son bébé sans ne rien oublier. Vidéo à l’appui, avec le soutien logistique d’experts auto-proclamés, les Madame ou Monsieur Propre, on met en scène une opération récurage nécessitant bien sûr une panoplie de cosmétiques indispensables dont les publicités inondent la page.

Alors bien sûr, la propreté et l’hygiène ont été mises à l’honneur dans toutes les sociétés civilisées. Chez les Romains, les nouveau-nés étaient baignés dès leur naissance avant d’être déposés aux pieds du père qui l’acceptait comme son enfant ou le rejetait. A Rome, les thermes faisaient partie de la vie quotidienne. En France, nos ancêtres ont mis un peu plus de temps à comprendre les bienfaits de l’hygiène corporelle. Au Moyen-Age, puis même au temps du Roi Soleil, on se lavait fort peu en se concentrant sur les parties visibles, visage et mains. Les parfums, pour les plus fortunés, venaient masquer les effluves suspects. Les bébés n’étaient changés que tous les 3 ou 4 jours lorsque leur odeur devenait insupportable. Des esprits éclairés, tel Jean-Jacques Rousseau, s’élevaient contre ces pratiques ancestrales. Mais ce ne fut qu’au siècle de Pasteur, avec la découverte des microbes et des bienfaits de l’hygiène, que les soins attentifs du corps devinrent une nécessité dans l’esprit de chacun et en particulier pour les plus jeunes enfants.

Le bain et les soins corporels donnés aux bébés sont à présent un rituel quotidien nécessaire à l’hygiène mais aussi un moment de plaisir pour l’enfant ainsi que l’occasion d’échanges corporels via le peau à peau entre parents et enfant et aussi de massages qui sont autant de messages de bons soins. Ces soins sont pour le bébé les témoins de l’attention primaire que ses parents lui portent et que l’enfant perçoit comme un moyen de communication enveloppé de mimiques, de sourires et d’un bain de paroles autant que d’eau.


Les spécialistes de la toilette du bébé se jettent à l’eau



Les puériculteurs et le club des merchandiseurs de l’enfance se sont bien sûr appropriés cette partie de la vie familiale des nouveaux parents. Ils en ont fait un acte technique plus ou moins complexe, un cérémonial qui doit utiliser tout un matériel "up-to-date" et des produits cosmétiques haut de gamme. Sous prétexte de "fragilité" de la peau du bébé qu'il faudrait "protéger", tous les industriels de la cosmétologie et leurs équipes de marketing se sont ingéniés à proposer des produits spécifiques multiples et variées : savons et gels lavants bien sûr, laits de toilette, eau "nettoyante", shampoings, "calinettes" et autres lingettes diverses et variées, crèmes de beauté, crèmes de jour, pommades apaisantes, crèmes protectrices, huile de massage… Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?


Cette mainmise de l’industrie du cosmétique commence le plus tôt possible. C’est ainsi que de jolies boîtes ou des sacoches remplies d’échantillons de produits cosmétiques sont offertes avec la caution du personnel soignant à une majorité de jeunes accouchées accueillies dans une majorité de maternités françaises publique et privées. Cela s’appelle un partenariat "gagnant-gagnant" puisque le promoteur de l’opération s’assure un coup de "pub" pour les cosmétiques inclus dans le paquet cadeau. De l’autre côté, l’établissement de naissance reçoit un "dédommagement" qui lui permettra de pallier aux restrictions budgétaires de son administration. Quant à la mère, elle se sent câlinée, gratifiée par ce cadeau de naissance et elle risque de se croire obligée de poursuivre l’utilisation des mêmes "produits de beauté" que la fée maternité a déposés dans le berceau de bébé.  Ce marketing est d’une redoutable efficacité et s’assure ainsi  la fidélité des futures consommatrices soucieuses d’offrir le "top" à leur bébé.

L'un des groupes  les plus anciens de distribution de cadeaux de naissance est "La Boite Rose" qui, "depuis plus de 60 ans" se propose "d'accompagner les mamans". Les accompagner cela signifie leur dire quel produit choisir pour bébé. Ceci avec l'aval des professionnels de santé comme on le lit sur le site : "Votre coffret est distribué dans la plupart des maternités et dans certaines régions chez votre sage-femme libérale, votre pédiatre ou votre PMI." Cependant la concurrence est rude et le groupe Primavista a su aussi investir les lieux de naissance  grâce à la "tradition de la photo en maternité". Il revendique ainsi désormais un passage dans 65% des maternités françaises.

Vous me direz, pourquoi gâcher la fête et râler contre ces pratiques où chacun y trouve son compte ? Eh bien parce qu’il y a en a un qui n’a pas son mot à dire dans ce "deal", c’est l’enfant. En effet que va-ton lui appliquer de beau et de bien sur la peau à ce bébé ? Si l’on se penche attentivement sur la composition de ces cosmétiques, on a la surprise de retrouver des produits lavants bien sûr, mais aussi des molécules chimiques qui ne sont pas toutes sympathiques(1). Il y a des parfums de synthèse, des additifs, conservateurs, antiseptiques, anti-bactériens, émulsifiants, anti-oxydants,  solvants,  émollients, déodorants, anti-transpirants… Tout est prévu, rien n’est laissé au hasard.




Peut-on mettre n’importe quoi sur la peau des nourrissons?


C'est l'association C2DS (Comité pour le développement durable en santé) qui s’était permis, en juillet 2008, de regarder plus précisément ce que l'on appliquait sur les fesses des nouveau-nés des maternités de France et de Navarre. Devant la présence très habituelle de molécules comme le phénoxyéthanol et des parabens dans ces cosmétiques, une alerte avait alors été déposée auprès de la pharmacovigilance faisant aussi office de cosmétovigilance (ex-AFSSAPS, devenue depuis ANSM).

Depuis cette date, le bisphénol, autre perturbateur endocrinien présent dans les biberons en plastique, était venu alarmer le grand public et les autorités sanitaires grâce à une autre alerte lancée par l’association RES (Réseau environnement santé). Ce débat scientifique à propos de la toxicité de molécules de notre environnement et des effets nocifs probables des parabens a incité les Députés français à voter dans la foulée leur interdiction en mai 2011, en même temps que celle de deux autres perturbateurs endocriniens, les phtalates et les alkylphénols (Loi Lachaud qui n'est cependant pas encore mise en application). Quant au phénoxyéthanol, l’ANSM a fini par le déclarer «persona non grata» dans les produits dermatologiques destinés aux enfants de moins de 3 ans (2).


Alors que reste-t-il donc de dangereux dans ces cosmétiques pour jeunes enfants quand on a enlevé parabens et phénoxyéthanol ?


- L’EDTA (acide éthylène diamine tétra-acétique) est une molécule encore parfois présente et à éviter. Il s’agit en effet d’un agent chélateur puissant. Il est capable de former des complexes métalliques très stables avec des  métaux dits « lourds » qui ne peuvent s’éliminer. Il peut aussi chélater calcium et magnésium et abaisser leurs taux sériques. Il est reprotoxique et a une certaine toxicité rénale. Des composés naturels comme l’acide citrique (isolé du citron) ou l’acide phytique (extrait de la paille) sont d’excellents agents chélateurs et peuvent le remplacer localement dans tout cosmétique sans risques.

- Le dioxyde de titane fait partie des nanoparticules. Cette particularité pourrait lui permettre, surtout sur peau lésée, de traverser des barrières biologiques et de s‘accumuler dans des cellules, voire d’en léser l’ADN (3). Le CIRC  (Centre international de recherche sur le cancer) le classe comme cancérigène possible. L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) conseille d’éviter les crèmes solaires contenant cette molécule chez le jeune enfant.

- L’hydroxyde d'aluminium, s’il est absorbé, pourrait migrer par voie lymphatique vers l’espace cérébral (4). Autant ne pas prendre ce risque  surtout qu’il est utilisé comme anti-transpirant, ce qui n’est pas vraiment un problème chez le bébé. Il viendrait s'ajouter aux autres sources potentielles d'aluminium (alimentation, vaccins). 

- La méthyl-isothiazolinone (MIT), conservateur qui a souvent remplacé les parabens, est volontiers responsable d’eczémas de contact.

- Les phtalates assez ubiquitaires (savons, désodorisants, lait de toilette...) sont des perturbateurs endocriniens. 

- Le résorcinol, utilisé dans shampooings et lotions, est aussi un perturbateur endocrinien.

- Le triclosan est un antibactérien. Mais c'est aussi un perturbateur endocrinien qui aurait des effets œstrogéniques et thyroïdiens. Il favorise de plus la sélection de germes résistants. Il est désormais interdit dans tous les produits de rasage mais peut encore être retrouvé dans d'autres produits (dentifrices, bains de bouche, savons, déodorants).

- Les parfums sont fabriqués dans la très grande majorité des cas à partir de molécules synthétiques issues de la pétrochimie. Des réactions allergiques sont donc parfois possibles.


Pourquoi s’inquiéter et refuser la présence en si petites quantités de ces molécules sur ces épidermes sensibles ?



- Chez le nouveau-né, et encore plus chez le prématuré, la peau est particulièrement perméable aux substances chimiques. Elle est en effet beaucoup plus fine que chez l'adulte, car en voie de structuration tissulaire les premières semaines de vie. L’effet occlusif par des couches hermétiques en majore également l’absorption dans un milieu occlusif, chaud et humide, conditions cinétiques idéales pour faciliter l’absorption des substances par voie percutanée.


-  Le rapport surface/masse corporelle de l’enfant est différent de celui de l’adulte, ce qui conduit à une concentration plasmatique, après absorption, plus élevée, et une toxicité éventuelle plus importante. De toutes façons, tout n'est pas forcément affaire de doses puisque l'on sait parfaitement dorénavant que certaines molécules (perturbateurs endocriniens) sont plus dangereuses à doses minimes. 

- Le risque de contamination est aussi probablement plus élevé que par voie alimentaire ou respiratoire, en raison de  l’immaturité fonctionnelle des différents systèmes métaboliques, dans les premiers mois, se traduisant par des variations de distribution, métabolisme et d’excrétion avec une moins bonne détoxification efficace, ces substances passant en effet directement dans la circulation sanguine générale.

- D’autre part, la répétition des applications parfois pluriquotidiennes (lors des changes) aboutit à une sommation de doses cumulatives. En termes de catégorie de produit, conditions d’utilisation, fréquence, surface et site de contact, les produits dits sans rinçage sont en particulier à éviter ou, en tous cas, à rincer très soigneusement (5).

- Et quel peut être "l’effet cocktail" des différentes substances chimiques auxquelles les bébés peuvent être exposés par ailleurs (alimentation, habitat, pollution extérieure…) avec ces autres substances présentes dans les produits cosmétiques ? Pourquoi en rajouter ?


Que fait la police des cosmétiques ? 


Les cosmétiques, pour enfants en particulier, doivent être dénués de toute toxicité potentielle car le bénéfice qu’ils peuvent apporter n’est pas essentiel ni  vital. La règle devrait donc être encore plus qu’ailleurs l’application du principe de précaution. Même si l’on ne dispose souvent que de données de toxicité animale, ce qui n'est bien sûr pas une preuve absolue de la toxicité chez l'homme pourrait-on objecter avec justesse. Mais le bénéfice du doute doit profiter non pas à l'accusé, le composé chimique, mais à la victime potentielle, le bébé. Une substance devrait être bannie d’un usage cosmétique dans la mesure où il existe la moindre suspicion de toxicité.

Ce principe est d’autant plus vrai que la réglementation concernant les cosmétiques est donc une complète anomalie du point de vue santé publique : le champ est laissé libre aux industriels. Contrairement aux médicaments, les produits cosmétiques n’ont pas besoin de prouver leur efficacité ou leur innocuité. Ils n’ont pas besoin d’autorisation de mise sur le marché (AMM) comme les médicaments. Les affirmations et les études de toxicité animale n’engagent donc que la bonne foi du fabricant. 

"L’exigence prévue par les textes est l’absence de nocivité pour la santé. Il incombe aux fabricants de garantir que leurs produits satisfont aux exigences législatives, réglementaires et ne présentant aucun danger pour la santé. Le fabricant ou le responsable de la mise sur le marché doit s’assurer de la sécurité de son produit et constituer un dossier technique à tenir à disposition des autorités de contrôle à l’adresse indiquée sur l’étiquetage. Dans ce dossier doivent notamment figurer la formule qualitative et quantitative du produit, la description des conditions de fabrication et de contrôle, l’évaluation de la sécurité pour la santé humaine du produit fini. Le produit fini doit être contrôlé par le fabricant et faire l’objet de spécifications." (5) 

Les industriels ne sont tenus d’écarter que les produits classés CMR (Cancérigène, mutagène, reprotoxique), pour les autres de simples recommandations sont émises 


Comment faire le bon choix parmi tous ces produits dits de beauté sans risquer pour la santé ? 


Avec le temps, les alertes successives se sont multipliées en matière de santé environnementale, lancées aussi bien par les associations de consommateurs que par les associations environnementales (RES, C2DS, Générations futures, WECF…). 

Une récente enquête (octobre 2014) de l'association "60 millions de consommateurs" (6) n'épargne pas non plus l'industrie du cosmétique. Faisant fi des recommandations sanitaires, la plupart des industriels (surtout les grandes marques) continuent de mettre sur le marché des perturbateurs endocriniens, des molécules toxiques et des composés allergisants (propylparabène, phénoxyéthanol, méthylisothiazolinone...)

" Prenons l’exemple des lingettes. Sur les neuf produits étudiés, nous estimons que six ne devraient pas être utilisées pour les bébés" (Pampers et Mixa bébé sont en particulier à proscrire). "Les lingettes Poupina, elles, ne comportent pas de phénoxyéthanol. En revanche, elles affichent du propylparabène qui sera, rappelons-le, interdit dans six mois dans les produits pour le siège."

" Les résultats sont tout aussi affligeants pour les laits nettoyants, puisque nous en déconseillons sept sur les dix testés – et pour les crèmes hydratantes, dont cinq sur sept ne passent pas la barre de nos tests. Quant aux eaux nettoyantes, l’une d’elle, la Biolane « Eau pure H2O », s’avère bourrée de composés allergisants et sensibilisants..."



Certains fabricants de cosmétiques se sont sentis obligés de vivre avec l’air du temps pour éviter de perdre des parts de marchés. Les mentions "sans parabens", "sans phénoxyéthanol", voire "sans parfums" s’affichent désormais sur les emballages comme un plus. Les ingrédients restent bien sûr illisibles et exprimés dans une nomenclature internationale rendant illusoire tout renseignement  possible par ce biais, à moins d’avoir sur soi une bonne loupe et un dictionnaire de toxicologie. Les mentions rassurantes et n’engageant à rien fleurissent sur les cartons d’emballage. La caution des autorités sanitaires est de plus souvent mise en scène  pour des industriels  qui se disent "partenaires des maternités". ll est volontiers indiqué que la composition a été "formulée sous contrôle médical" et qu'elle a été "testée sous contrôle pédiatrique". Toutes ces mixtures sont bien sûr  aussi toutes par définition "hypoallergiques" et  "protègent la peau des bébés". Les listes des "sans..." à longueur d'étiquettes (sans parabens - sans huiles minérales - sans PEG …) ne sont pas une certitude absolue puisque parfois, les ingrédients qui remplacent ceux qui sont décriés et ainsi évités… ne valent guère mieux, quand ils ne sont pas pires ! Le papier ne refuse pas l’encre, donc là aussi,  rien à attendre pour le consommateur.

L’achat en pharmacie ou en parapharmacie n’est pas non plus un critère de sécurité. On trouve encore dans certaines officines des cosmétiques contenant des ingrédients pouvant avoir un effet de perturbateur endocrinien. Le prix n’est pas non plus un gage de sécurité, certaines grandes surfaces s’étant mis à la mode du cosmétique écologique à un prix raisonnable.

Afin d’utiliser un produit sans risques avérés, on peut préférer ceux qui ont obtenu un logo "bio", certificateur de l’absence de composants potentiellement suspects. Ce sont des repères qui permettent de faire un choix visuellement aisé. Il y en a 5 principaux en France : Ecocert, Cosmébio, BDIH, Nature et Nature & Progrès. Ces labels ne doivent cependant surtout pas empêcher une posture de consommateur méfiant et averti car certains peuvent contenir aussi des substances agressives pour la peau.

Quels que soient les produits choisis, une consommation abusive peut comporter des risques pour la santé des enfants. Economie, bon sens et simplicité doivent rester de mise.


Si l’on veut se renseigner sur la composition, les avantages  et les inconvénients des produits cosmétiques, des sites indépendants peuvent être consultés sur Internet : "l'Observatoire des cosmétiques" (7) et le site "Notéo" (8)


Quelles catégories de produits sont vraiment utiles dans toutes ces panoplies miraculeuses ?

- Un savon liquide ou gel nettoyant pour la toilette globale du corps et des cheveux dans le bain est quasiment le seul produit indispensable.

- Les laits de toilette ou laits nettoyants. Comme leur nom l'indique, ils servent à nettoyer la peau du bébé. Leur utilisation sur le corps peut remplacer occasionnellement le bain pour les plus petits. Lors du change, ils peuvent servir pour le nettoyage des fesses un peu rougies. Faut-il rincer les laits soi-disant "sans rinçage" ? La réponse est oui sans ambiguïté puisque moins on laissera traîner de produits étrangers sur la peau, mieux ce sera.

- Le liniment oléo-calcaire est idéal pour le change. Sans rinçage, le liniment s'utilise comme un lait nettoyant, par effleurements doux, à chaque changement des couches. Avec un peu de produit déposé sur un coton, il nettoie les fesses et les petits plis du siège, fragilisés par l'acidité des urines et leur macération dans les couches. Ce n'est pas un hydratant, ni un produit de massage. Sa composition est un mélange de 50 % d'huile d'olive (adoucissante et protectrice) et de 50 % d'une solution d'hydroxyde de calcium, communément appelée eau de chaux. Il ne faut pas le rincer. Attention à ne pas utiliser de produits où ont été rajoutées des huiles végétales allergisantes (huile d'amande douce, source d’allergie croisée avec l’arachide).


-   La fameuse eau "nettoyante" ou eau "lavante" est préconisée pour nettoyer ponctuellement le visage (après un biberon ou un repas). Elle aiderait aussi à éliminer les impuretés des fesses lors des changes légers. En fait un coton imbibé d’eau minérale en bouteille coûte moins cher et assure le même service sans les risques des parfums inclus dans ces eaux magiques.


- Le shampoing avec un produit spécifique est inutile puisque tous les gels lavants sont conçus pour tout prendre en charge de la tête aux pieds de bébé.

- Les lingettes (9) sont à fuir comme la peste car elles contiennent quasiment toutes de bonnes doses de conservateurs, avec en plus du parfum et il ne faudrait soi-disant pas les rincer… Donc à n’utiliser que la main forcée, en dépannage, en voyage, et encore lorsque l’on ne dispose pas de source d’eau à proximité.

- Le lait hydratant ou baume nourrissant, émulsion ou émollient pour le corps n’est pas un passage obligé. Il peut parfois servir à assurer une bonne hydratation pour apaiser un épiderme réactif (rougeurs), à restaurer son film hydrolipidique si celui-ci a été desséché par l'eau calcaire du bain ou une sortie à l'extérieur. Il est préférable de demander l’avis de son médecin pour ce type de produits à base d’émollients (glycérol) et de corps gras (cire d’abeille, beurre de karité…)

- La crème pour le visage. Encore un flacon supplémentaire inutile qui fait double emploi. Sa composition va être la même que celle de la crème pour le corps dont on vient de parler. Alors pourquoi se compliquer la vie ?

- La lotion est vendue, surtout en plein été, pour rafraîchir bébé et pour la toilette quotidienne. Encore un gadget de plus. Pour nettoyer, le lait de toilette est plus performant et pour rincer l’eau minérale suffit. On aura ainsi évité un mélange de tensioactifs assortis de conservateurs et souvent de parfums qui auraient bien irrités la peau en guise de rafraîchissement.

- La pommade pour le siège (à base d’oxyde de zinc) n’est pas à utiliser systématiquement mais simplement en cas de rougeurs débutantes, après la toilette des fesses, le rinçage et le séchage.

Le talc surtout pas. C’était un incontournable des soins du siège au siècle dernier. Mais pour fabriquer des paquets dans les plis, il n’y a pas mieux et après, bonjour l’irritation et la surinfection.

Le mieux est donc l’ennemi du bien en matière de soins de la peau du bébé. Le plus petit dénominateur commun de produits cosmétiques en contact avec la peau évitera de rencontrer un ingrédient susceptible de provoquer une allergie et une irritation. Plus on laisse agir les mécanismes de protection naturelle, et plus la peau de bébé se développera harmonieusement. Pourquoi faudrait-il parfumer un bébé ? A-t-on déjà rencontré un bébé changé et lavé qui sentait mauvais ? 


Le bain et la toilette doivent rester un moment simple et naturel de plaisir réciproque entre l’enfant et ses parents. C’est l’occasion pour le bébé de retrouver durant quelques minutes agréables un milieu où il a été plongé durant 9 mois de vie fœtale, expliquant ses pleurs lorsque l’on sort bébé de sa baignoire. De l’eau, un simple savon ou gel liquide et la douceur des mains de maman suffisent largement à assumer une hygiène simple, économe, efficace, sans se prendre la tête ni trop enrichir les cosmétologues trop imaginatifs.


Dominique LE HOUÉZEC


(1) ANSM Ingrédients dans les produits cosmétiques incriminés par le Comité pour le développement durable en santé. Analyse des données d’exposition recueillies auprès de l’Industrie et évaluation du risque pour les enfants de moins de trois ans. Décembre 2009
(2) ANSM Évaluation du risque lié à l’utilisation du phénoxyéthanol dans les produits cosmétiques. Mai 2012
(3) ANSM Etat des connaissances relatif aux nanoparticules de dioxyde de titane et d’oxyde de zinc dans les produits cosmétiques en termes de pénétration cutanée, de génotoxicité et de cancérogenèse. Mars 2011
(4) ANSM Évaluation du risque lié à l’utilisation de l’aluminium dans les produits cosmétiques . Octobre 2011
(5) ANSM Recommandations relatives aux caractéristiques spécifiques à prendre en compte pour évaluer l’innocuité des produits cosmétiques destinés aux enfants de moins de trois ans. Avril 2010
(6) 60 millions de consommateursHygiène et soin du bébé : une liste de vingt-huit produits à éviter. 22 octobre 2014
(7) COSMETICOBS.  L'Observatoire des Cosmétiques 

4 commentaires:

  1. Merci pour cet article. Vous oubliez dans votre liste des ingrédients nocifs: l'alcool qui peut être l'ingrédient principal de certains laits de toilette bio. Donc le logo ne crée pas l'impunité. J'ai utilisé pour mes bébés un lait de toilette bio d'une marque très connue qui contenait 10% d'alcool( chiffre donné par le centre anti-poison après un incident qui aurait pu être mortel).

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  2. Bonjour et merci pour ce rappel effectivement important.
    S'agissait-il d'alcool éthylique qui était contenu dans le lait de toilette que vous signalez? L'accident potentiellement mortel que vous mentionnez du fait de cette présence d'alcool était-il du à une absorption trans-cutanée?
    Ceci est important à préciser pour que les lecteurs du blog puissent ce rendre compte des problèmes possiblement graves occasionnés par des produits pouvant paraître anodins chez de très jeunes enfants.

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  3. Oui désolée. Sur la bouteille c'est marqué "alcohol" sans plus de précisions et c'était une absorption orale, à jeûn par un enfant de 9kg, donc l'effet a été rapide. J'ai vérifié, ce lait n'existe plus dans le catalogue de la marque.
    je me pose quand m^me la question de son effet par absorption trans-cutanée chez un nourrisson qu'on laverait avec plusieurs fois par jour.

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  4. Your way of explaining everything in this piece of writing is genuinely fastidious, every one be able to effortlessly understand it. Thanks a lot.

    (Votre façon de tout expliquer dans cet écrit est réellement méticuleux, chacun peut ainsi le comprendre sans effort. Merci beaucoup.)

    Anonyme (Toronto, Canada)

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