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27 décembre 2012

RELATION MÉDECIN-MALADE


La rencontre entre un médecin et un malade ou plus  généralement entre le médecin et celui ou celle qui vient le consulter est parfois pleinement satisfaisante, parfois pas.

 Il arrive que des médecins pervers ou fous imposent à leurs consultants des situations totalement intolérables. Ces   situations heureusement exceptionnelles ne peuvent avoir  lieu et perdurer que si la relation a lieu sans aucun regard extérieur. Faut-il pour éviter ces dérapages exceptionnels envisager une situation de totale transparence ? Toute  relation entre un médecin et un malade doit-elle être vue,  entendue, écoutée par tous ?



S’il fallait choisir entre le secret absolu et la transparence totale, il faudrait sans aucun doute préférer le secret. Mais le secret a deux inconvénients. D’une part, il rend possible les anomalies majeures dont on ne répétera jamais assez qu’elles sont exceptionnelles, mais d’autre part, il ne permet  pas une réflexion collective en vue d’améliorer la relation médecin-malade.

Plutôt que de proposer une réflexion théorique sur les différents modèles de relation médecin-malade, je voudrais retranscrire des échanges de témoignages et de réflexions qui ont eu lieu entre quelques médecins et quelques-uns de  leurs proches. Je terminerai par deux articles éclairant  cette relation médecin-malade complexe. 



 1er témoignage-réflexion.



Lorsque je vais chez un médecin, j’aime qu’il me dise ce qu’il fait et qu’il me dise pourquoi il le fait. J’ai connu un ophtalmo qui m’a fait un fond d’œil sans me dire un mot ni sur ce qu’il cherchait ni sur la durée de son acte. J’avais eu les mêmes  examens par un précédent ophtalmo qui me disait "Je vais vous envoyer une forte lumière, mais ça ne va durer qu’une  minute..." Il ne parlait pas tellement, mais en me parlant, il me rassurait et me donnait envie de lui poser des questions



2éme témoignage-réflexion

Moi, j’ai connu un ORL qui lui aussi ne me disait rien et puis un jour, j’ai eu une diminution de l’audition et il devait m’opérer. A ma grande surprise, il m’a expliqué de  façon précise pourquoi il fallait m’opérer et ce qu’il allait faire. Il a fait un dessin, puis il m’a montré des dessins dans un livre et il a vérifié que je comprenais bien et que j’étais d’accord. 



3éme témoignage-réflexion

Il va de soi qu’il faut que l’ophtalmo et l’ORL dont vous avez parlé expliquent un peu ce qu’ils font, mais dans ces cas, ils sont en situation de savoir des choses devant un consultant qui lui ne sait pas et qui a besoin d’être informé. On est dans ce cas dans une situation asymétrique classique : le médecin sait et le consultant ne sait pas.

En ce qui me concerne j’ai demandé au pédiatre qui allait vacciner mon fils si l’aluminium contenu dans le vaccin faisait courir un risque et s’il n’était pas possible d’envisager un vaccin sans aluminium. Il n'était visiblement pas très content et il m’a répondu sèchement. J’ai vraiment eu l’impression d’être non pas devant un professionnel compétent ayant eu accès à une information sérieuse sur ce sujet et ayant pu en parler avec des collègues mais à un simplificateur-militant ayant décidé une fois pour toutes que les vaccins, c’est bien et que sur ce sujet il n’y avait rien à dire. 


4éme témoignage-réflexion

Cet exemple peut être généralisé à toutes les situations où le savoir du médecin ne lui permet pas de trancher de façon absolue.



J’ai eu la même insatisfaction avec mon médecin lorsque j’ai parlé avec lui d’alimentation et de polluants alimentaires. Je me suis rendu compte que  lorsque je lui demandais des  précisions sur les pollutions, les herbicides, les pesticides, ses connaissances étaient limitées. J’avais l’impression qu’il avait accès à peu près aux mêmes informations que moi et j’avais l’impression que ça le mettait mal à l’aise. 


D’autres interventions ont eu lieu lors de cet échange :

 - le médecin doit-il être joignable  téléphoniquement  pour donner des  précisions si quelque chose n’a pas été clair ou si de nouveaux points doivent être précisés en cours d’ évolution ?

- comment dire à un médecin que l’on n’a pas pris tous les  médicaments ou que l’on n’a pas suivi toutes les  recommandations ? Et  quelle doit  être la  réaction normale du médecin à ce "manquement" ?

Il serait intéressant que les lecteurs participent à cet échange collectif en intervenant sur les points abordés ci-dessus mais aussi en relatant d’autres témoignages  réflexions sur d’autres points.


Quelques lectures conseillées pour finir et approfondir cette relation médecin-malade.



Il y a tout d'abord un article excellent intitulé "Four models of the Physician-patient relationship" (1). Les auteurs qui travaillent dans un centre anticancéreux à Boston décrivent de façon détaillée les quatre approches différentes lors de la  découverte d’une tumeur du sein.

Pour ceux qui ne lisent pas l’anglais, l’article des Emanuel  est longuement évoqué dans le livre de Mgr Elio Sgreccia (préfacé par le cardinal Barbarin) "Manuel de bioéthique" (2).


En second lieu, l’article d’Alexandre Jaunait intulé "Comment peut-on être paternaliste ? Confiance et consentement dans la relation médecin-patient" est lui aussi très utile.

Alexandre Jaunait cite notamment Proust: "Je ne m’inquiétais nullement de trouver mon médecin ennuyeux; j’attendais de lui que, grâce à un art dont les lois m’échappaient, il rendît au sujet de ma santé un indiscutable oracle en consultant mes entrailles. Et je ne tenais pas à ce que, à l’aide d’une intelligence où j’aurais pu le suppléer, il cherchât à comprendre la mienne, que je ne me représentais que comme un moyen, indifférent en soi-même, de tâcher d’atteindre des vérités extérieures."

Et il cite aussi Portes. Ainsi que l’affirme Louis Portes, ancien président du Conseil de l’Ordre : "Au sens exact du terme, [le patient] ne voit plus clair en lui-même, car entre lui-même observant son mal et lui-même souffrant de son mal, s’est glissée une opacité et parfois même une obscurité totale; tous ses pas dans sa connaissance de lui-même sont devenus trébuchants comme ceux d’un enfant."

Ces deux citations sont très riches mais l’article dont elles sont tirées est encore plus riche.


Jean-Pierre LELLOUCHE

(1) Emanuel E.J., Emanuel L.L. JAMA 1992. 167 (16) : 2221-2226
(2) Sgrccia E. Manuel de Bioéthique : Les fondements et l'éthique. pages 217-220. Mame-Edifa 2004
(2) Jaunait A. Dossier Raisons politiques. N°11, 2003/3 "Le corps du libéralisme": 59-79. Presses de Sciences Po

1 commentaire:

  1. FERCHAUD Benjamin7 janvier 2013 à 12:42

    Je lis par hasard ce texte avec lequel je suis d'accord.
    Mais je m'étonne que l'auteur n'ait pas parlé de la durée de la consultation. Il y a des consultations tellement expéditives qu'elles ne donnent pas le temps d'un échange. Le malade, surtout s'il est timide et mal à l'aise, n'a absolument pas le temps de dire ce qui lui tient à coeur et n'a aucune chance d'être entendu.

    Par ailleurs, j'ai eu il y a 6 ans un cancer pour lequel il m'a été demandé d'avoir un bilan radiologique tous les deux ans. Allant pour une échographie qui était la troisième faite par le même échographiste, je l'entends me demander : "Vous venez pourquoi?"

    Ensuite mais ensuite seulement, il a regardé mon dossier et il a vu que j'avais été opéré etc, etc. Il avait tous les éléments dans son dossier mais il ne l'avait pas regardé.

    Je crois que cette attitude témoigne de la volonté de faire vite, de gagner du temps et de gagner des sous. Mais ce doit être plus complexe que cela.

    Si ma vie lui importait beaucoup, il aurait cherché à prendre le temps et à lire mon dossier ou au moins à le parcourir. S'il se fiche à peu près totalement de ma vie, il est normal qu'il fasse vite avec le moins d'implication possible.

    La médecine rapide en même temps qu'elle fait gagner beaucoup d'argent est aussi une médecine de l'implication minimale. Et peut-être que dans certaines spécialités, il est plus facile pour le médecin de ne pas s'impliquer, d'avoir un fonctionnement automatique rapide et superficiel.

    Benjamin FERCHAUD

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